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Indes orientales

BIBLIOGRAPHIE

Les Indes orientales couvrent une vaste étendue géographique en Asie du Sud et du Sud-Est allant du sous-continent indien à l’archipel malais, décrit comme le plus grand groupe d’îles du monde. Se référant initialement à l’Inde, ces démarcations coloniales de territoire comprenaient plus de treize mille îles situées à travers les océans Indien et Pacifique entre l’Asie du Sud-Est continentale et l’Australie. Convoitées pour leurs riches ressources naturelles, notamment le caoutchouc, les épices, le coton et l’indigo, et leur emplacement stratégique en tant que centres commerciaux importants le long des routes des épices, les Indes orientales ont été colonisées par l’Europe au XVIIe siècle après les premières missions exploratoires des Portugais et des Espagnols, et surtout après la fondation de diverses sociétés commerciales européennes. Ces compagnies ont creusé des zones d’influence nommées d’après le pouvoir colonisateur particulier qu’elles représentaient, telles que les Indes orientales britanniques (Inde et Malaisie), les Indes Orientales néerlandaises (Indonésie) et les Indes orientales espagnoles (Philippines).

L’erreur de calcul de Christophe Colomb (1451-1506) sur les routes de navigation vers l’ouest de l’Espagne vers l’Asie l’a amené au Nouveau Monde au lieu de l’Inde. Pour éviter toute confusion avec les Indes “originales ” (i.e., Inde), les termes Indes orientales et Antilles ont été appliqués par les Européens pour mettre en évidence les distinctions territoriales entre les Indiens de l’Est (Asie) et de l’Ouest (Amériques). Ces désignations territoriales sont devenues des désignations raciales pour distinguer les Indiens de l’Est de leurs homologues antillais, authentifiant ainsi la centralité de l’Europe et son pouvoir de classer et d’homogénéiser arbitrairement des populations entières du monde non occidental.

Les Indiens de l’Est sont également devenus un marqueur de l’identité diasporique en Amérique du Nord pour désigner les Indiens de l’Inde et éviter toute confusion avec les peuples autochtones amérindiens ou des Premières Nations également connus sous le nom d’Indiens en raison des erreurs de navigation de Colomb. Par conséquent, les Indiens de l’Est devaient être distingués des Indiens d’Amérique même si les premiers ne s’identifiaient pas nécessairement à l’appellation Indien de l’Est en raison de ses connotations ethniques spécifiques en Inde et des réalités politiques de la décolonisation. Dans la période postcoloniale, la caractérisation générale des Indiens de l’Est en tant que sujets colonisés habitant les Indes orientales est devenue invalide avec l’établissement d’États souverains. Le terme a donc dénaturé les Indiens de la diaspora qui préféraient s’identifier comme des Sud-Asiatiques à la place.

En Inde, le terme Indien de l’Est désigne une minorité ethnique spécifique de la côte occidentale du Konkan qui s’est installée dans et autour de la région de Bombay (Mumbai) pendant la période de domination portugaise en Inde. Ils ont été christianisés par les Portugais et appelés Portugais de Bombay pour les distinguer des Goans migrant vers Bombay depuis l’ancien territoire portugais de Goa. Ils ont peut-être adopté le nom East Indian sous la domination britannique pour montrer leur allégeance aux Britanniques. Il est donc trompeur de qualifier tous les Indiens d’Inde d’Indiens de l’Est en raison de la spécificité historique et culturelle de cette circonscription en Inde.

De plus, le label East Indian a ajouté une autre polémique aux Antilles, où il désignait des personnes d’origine sud-asiatique dans les Caraïbes. Ces Indiens de l’Est et les Indiens de l’Ouest illustrent en outre les ruptures créées par l’histoire coloniale et sa démarcation aléatoire des frontières par une nomenclature trompeuse.

VOIR AUSSI Caraïbes, La

BIBLIOGRAPHIE

Selvon, Sam. 1987. Trois En Un Ne Peuvent Pas Aller: Indien De L’Est, Trinidadien, Antillais. En Inde dans les Caraïbes, éd. David Dabydeen et Brinsley Samaroo, 13-24 ans. Londres : Hansib.

Van Kley, Edwin et Donald F. Lach, dir. 1993. Un siècle d’avance : l’Asie du Sud. Vol. 3, Livre 2 de l’Asie dans la fabrication de l’Europe. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages.

Brinda J. Mehta

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